A l’heure où les élèves de Terminale se penchent sur les sujets de philosophie du baccalauréat, il est des questions sur lesquelles nous pouvons également réfléchir. Le rapport entre langue, culture et identité en est une. En effet, par quoi se constitue l’identité, est-ce par le comportement des individus dans leur vie collective ou par leur langage ? C’est ce que propose, en filigrane, l’album Coucou de Fiona Roberton.

Dans une famille d’oiseaux à pois naît Coucou, un oisillon gris à rayures. A la différence physique s’ajoute un problème de compréhension puisque lui et sa famille ne parlent pas la même langue. Il décide alors de quitter le nid en quête d’une personne capable de parler avec lui. Après avoir rencontré de nombreux animaux, s’être inscrit à des cours de langue en vain, il rencontre enfin la personne qui mettra fin à sa recherche d’identité et à son désir d’être compris.

Cet ouvrage permet plusieurs niveaux de lecture et il est exploitable aussi bien au cycle 1 qu’au cycle 2. Au-delà d’un travail sur les cris des animaux à partir d’onomatopées plurilingues, il offre aussi la possibilité d’engager des ateliers philo autour de questions du type « Vous êtes-vous senti différent un jour ? » ou encore  » Comment se faire comprendre et accepter quand on ne parle pas la même langue ? » Au cycle 3, cette question peut être approfondie pour rejoindre l’actualité et la difficile situation des migrants.

Dans la classe de PS/MS où il a été étudié, les enfants ont perçu le mal-être de Coucou. Pour eux, il était incompréhensible que cet oisillon soit différent de sa famille. Certains ont même émis l’hypothèse d’un échange à la naissance. Ils ont particulièrement été attentifs aux détails portés dans les illustrations : les coquilles des oisillons, leur plumage… Lire cette histoire à voix haute, sans montrer les images dans un premier temps, permet également d’éduquer l’oreille au langage des personnages. Les enfants se sont vite aperçus qu’il ne s’agissait pas des mêmes mots. Lorsque le personnage a eu l’idée de se rendre dans une école pour apprendre une autre langue, ils n’ont pas été surpris et ont fait le parallèle avec leur propre situation car, eux aussi, apprennent des mots en anglais, espagnol ou italien à l’école. Enfin, quel soulagement de trouver un ami qui le comprend à la fin de l’histoire !

Un bel album sur la différence et la volonté d’intégration d’un être qui cherche à tout prix à communiquer avec les autres.

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